Guide de bonnes pratiques

dans la négociation

et la mise en œuvre

des accords transnationaux

dans les groupes de la Chimie Européenne

                                             

 

 

 

 

 

 

Avec le soutien de la Commission Européenne

 

Documents complémentaires :

·           Les actes du colloque de Cannes les 29 et 30 septembre 2009

·           Les réponses aux questionnaires

téléchargeables sur les sites suivants :

www.cfecgc-chimie.org

www.feccia.org

 

 

 

Ce guide a été financé par la Commission européenne, Direction générale pour l'emploi, les affaires sociales et l’égalité des chances.

Publication

Cette publication n'engage que son auteur. La Commission européenne n'est pas responsable de l'usage qui pourrait être fait des informations contenues dans cette publication.

CFE-CGC CHIMIE

56, rue des Batignolles, 75017 Paris (France)

Tel : +33 1 42 28 28 05 – Fax : +33 1 42 28 12 99

Email : secretariat@chimie-cfecgc.com

Site Internet : www.cfecgc-chimie.org

 



SOMMAIRE

 

Introduction :

Le projet C.H.I.M.I.E de la CFE-CGC Chimie, de la FECCIA et de la CEC

La finalité  du Guide et son contenu

 

Phase préparatoire à la conclusion de l’accord transnational

Les initiatives à prendre

Les ambitions à partager

La diversité des objectifs à intégrer

 

Acteurs à la négociation

Le groupe spécial de négociation (GSN) et ses spécificités

Les  Associations d’Employeurs et les Directions d’Entreprises

Les Fédérations Syndicales nationales et les sections syndicales d’entreprise 

 

Procédure de négociation

 Les étapes de la négociation

 L’importance du rôle des Comités d’Entreprise Européens

Les sujets et leurs priorités

 

Accords-types

 

Facteurs clés de succès

Sur un  plan général

Sur un  plan pratique

 

Efficience des Accords

 L’effet utile

 Les moyens mis en œuvre dans la mise en place

 

Loi applicable

Valeur normative des accords

Résolution des litiges

Conclusion

 



Introduction

Le secteur de la chimie et les secteurs connexes

Le secteur d’activité de la chimie est particulièrement concerné par le phénomène de mondialisation et les 20 dernières années ont été le cadre de lourdes et nombreuses concentrations et restructurations notamment en Europe. Comme les entreprises du secteur de la chimie celles de la pharmacie et du textile ont développé par obligation au sein  de leurs activités, une culture des échanges et du développement mutualisé des compétences, exigence nécessaire à l’excellence opérationnelle de leurs activités. Ce n’est donc pas le fait du  hasard si dans ce domaine, l’Europe a exercé un leadership historique remarquable.

Pour autant, il apparaît que ce secteur industriel n'est que faiblement disposé à faire la promotion des accords transnationaux. Cette situation peut paraître pour le moins paradoxale, si on la met en perspective de la forte proportion de comités d’entreprises européens mis en place à ce jour dans le secteur de la chimie soit plus de 200.

Projet européen

La CFE-CGC CHIMIE a lancé un projet soutenu par la Commission Européenne et intitulé :

Confronter et Harmoniser les pratiques, Informer les représentants des travailleurs : un enjeu Majeur pour  Inciter à mieux négocier dans les Entreprises Européennes – C.H.I.M.I.E.

La CFE-CGC CHIMIE est présente dans les secteurs de l'industrie chimique, pharmaceutique, de la plasturgie, du caoutchouc, du verre et des industries textile et habillement.

La CFE-CGC CHIMIE est affiliée au niveau européen à la FECCIA (Fédération Européenne des Cadres de la Chimie et des Industries Annexes). Celle-ci mène un dialogue permanent avec l'Association Européenne des Employeurs (ECEG) et la Fédération Européenne des Syndicats de la Chimie, des Mines et de l'Energie (EMCEF). Le projet de la CFE-CGC chimie s’appuie aussi auprès de la CEC European Managers  afin d’étendre son champ de compétences en Europe.

Déroulement du projet

Juillet 2009 : enquête auprès des représentants des entreprises en Europe sur les accords signés, les pratiques professionnelles de négociation mises en œuvre, les problématiques rencontrées et les succès réalisés

Septembre 2009 : dépouillement des résultats

29 et 30 septembre 2009 : organisation d’un colloque européen à Cannes afin de faire s’exprimer les représentants des travailleurs sur ces constats et méthodes et afin de favoriser la création d’un guide  de pratiques de négociation opérationnelle  des accords transnationaux.

Les actes du colloque font l’objet d’une publication séparée.


Finalité du guide

Les rédacteurs ont  souhaité au travers de ce guide :

·         Donner aux travailleurs les moyens de mettre en cohérence leurs instances nationales et les pratiques qu’ils y développent dans le but de faire face, par anticipation et adaptation, aux restructurations qui accompagnent le déploiement du caractère transnational des entreprises.

·         Diffuser à cet effet  au plus grand nombre, et tout spécialement  aux représentants des travailleurs européens,  un guide de pratiques opérationnelles et de conseils pour une évolution positive et accélérée du développement des relations entre partenaires sociaux dans le cadre communautaire.

·         Ouvrir à nouveau le débat de la portée juridique des accords transnationaux (au niveau européen notamment) ainsi que celui de la capacité du comité d’entreprise européen à se saisir d’un sujet de négociation et à conclure dans ce cadre un accord dont la portée serait de fait transnationale.

 

Contenu du guide

 Les rédacteurs du guide ont ordonné les principaux thèmes pouvant faire l’objet de questionnements  de la part des acteurs parties-prenantes à la conclusion d’accords transnationaux. 

·         Pour chacun des thèmes retenus, le guide synthétise la problématique s’y attachant et s’efforce d’apporter des réponses ou des pistes de réflexion  quant aux questions soulevées en s’inspirant des échanges et du partage de bonnes pratiques auxquels a donné lieu la Conférence Européenne  FECCIA, CEC et CFE-CGC Chimie de Cannes les 29 et 30 septembre 2009.

·         Ce faisant, les rédacteurs ne prétendent pas apporter des réponses uniques, mais se proposent d’ouvrir la voie à des initiatives et des solutions pouvant être différentes et variées dans le respect du contexte propre à notre secteur, à la diversité de ses entreprises et à leur implantation géographique ainsi qu’aux législations nationales dans lesquelles elles exercent leur activité.

 

Phase préparatoire à la conclusion de l’accord transnational

Trois conditions  doivent être pour le moins  réunies pour envisager de conclure un accord transnational : un contexte favorable à la prise d’initiative, une ambition à faire partager et une ouverture à la diversité des objectifs susceptibles d’être poursuivis pour  s’engager dans cette voie.

 Les initiatives à prendre

Les initiatives en vue d’aboutir à un ACI sont susceptibles d’être prises par l’une quelconque des parties prenantes ayant qualité pour représenter les employeurs ou les employés au niveau européen ou international.

Ces initiatives pour être reçues et aboutir à la conclusion d’ACI nécessitent le plus généralement la conjugaison de plusieurs facteurs déterminants :

a.    La pratique d’un dialogue responsable et constructif inscrit dans la durée entre Représentants du Personnel  au niveau  international  et le/les Représentants de la Direction de l’entreprise :

·         La reconnaissance par la Direction de représentants du personnel  à l’échelon international en tant que « Interlocuteurs représentatifs  du personnel de l’entreprise».

·         Le dialogue régulier et informel entre Direction d’Entreprise et les Fédérations Syndicales européennes.

·         La confiance réciproque construite avec le temps entre les parties prenantes  potentielles à la proposition d’accord.

b.    La coordination entre les divers Représentants du Personnel aux niveaux internationaux et nationaux :

·         La prise en compte de la complémentarité des mandats entre membres des CEE et membres des Organisations Syndicales européennes et mondiales.

·         la qualité du dialogue entre Fédérations Mondiales, Européennes et Nationales.

·          L’efficacité du processus de liaison entre Comités d’Entreprise Européens et les Fédérations Syndicales Européennes.

 


Les ambitions à partager

 

a.  Les accords transnationaux considérés comme des leviers puissants d’une co-construction de l’avenir de nos entreprises.

·        La mondialisation de notre économie appelle des réponses  dans le domaine Social et Sociétal  nécessitant une co-construction entre partenaires sociaux de l’avenir de nos entreprises. Les Accords Transnationaux sont un levier puissant de cette co-construction.

·        Cette co-construction est un facteur déterminant d’un Développement Durable. Ce lui-ci par définition exige un dialogue avec les parties prenantes pour parvenir à relever ces défis. Les accords transnationaux sont de nature à contribuer  à  relever les défis d’un Développement Durable. 

 

b. La conviction à faire partager aux employeurs de l’intérêt qu’ils ont à favoriser des ACI :

·        La valorisation de leur image en tant qu’entreprise multinationale et responsable.

·        La manifestation explicite de la qualité du dialogue social caractérisant l’entreprise ainsi que celle de l’excellence du climat social auquel il contribue.

·        La contribution de ces accords au renforcement de l’adhésion de l’ensemble du personnel aux politiques « Corporate/Groupe » auxquelles sont attachées les entreprises multinationales : renforcement de la crédibilité des engagements favorisant l’appropriation des politiques à déployer.

 

c.  L’importance d’un modèle social européen que les accords transnationaux contribuent à développer, à préciser et à enraciner dans le cadre d’un cercle vertueux :

·        L’élévation du degré de confiance réciproque entre partenaires sociaux.

·        Une confiance favorisant  sa concrétisation  dans des accords  renforçant la cohésion sociale.

·        Une cohésion sociale renforcée portant les Directions à en faire état dans leurs Organisations Professionnelles.

·        Une prise en compte d’autant plus élevée dans ces instances que les Dirigeants  concernés sont plus nombreux.

 


La diversité des objectifs à intégrer

 

L’objectif recherché par un Groupe Européen est une image sociale européenne par une politique sociale pragmatique et visible renforçant le sentiment d’appartenance au Groupe.

 

Un accord transnational est un moyen d’atteindre cet objectif sur des sujets prioritaires pouvant être divers et méritant des engagements conjoints (Direction et personnel).

 

 

Saint-Gobain

 

Le renforcement des échanges de vues entre les Représentants du Personnel et la Direction Générale du Groupe ou le niveau de la Direction du niveau approprié, selon le cas, afin de mieux répondre aux besoins d’anticipation et d’accompagnement du changement au niveau transnational.

 

Il s’agit prioritairement de renforcer l’effectivité d’un dialogue social pragmatique, constructif et basé sur la confiance. L’information et la consultation sur les questions de caractère transnational doivent permettre aux représentants du Personnel, en temps utiles, de donner à la Direction Générale ou le niveau de Direction approprié, selon le cas, un avis qui puisse être utile à la prise de décision.

 

 

 

Sanofi-Aventis :

 

Il y a tout intérêt pour une entreprise qui est implantée dans plusieurs pays européens à négocier sur ce périmètre. Une vision globale de la politique ressources humaines, par l’ensemble des représentants du personnel mais aussi par les DRH et l’encadrement, ne peut être que favorable au dialogue social y compris dans chaque pays. Le sentiment d’équité qui peut se créer au travers de ces négociations peut être une source de cohésion sociale.

 


 

SOLVAY 

 

Permettre de renforcer et/ou d’enrichir un volet de la Politique Sociale du Groupe en Europe sur des thèmes ou des sujets considérés comme majeurs et méritant des engagements conjoints, suite aux échanges entretenus entre la Direction et les membres du CEE lors des réunions plénières ou lors des réunions mensuelles avec le Secrétariat du CEE (Solvay)

 

Principalement, trois types d’apport sur la modification des pratiques professionnelles :

·       La formalisation normative et contraignante pour l’ensemble des établissements en Europe d’une Politique Groupe sur les thèmes retenus dans le cadre d’un engagement sur des principes cautionnés et enrichis par les Partenaires Sociaux européens dans le cadre du dialogue social noué à ce niveau,

·       L’occasion de formuler ou d’harmoniser la Politique Sociale du Groupe au niveau européen dans le cadre du dialogue social auquel le Groupe est attaché,

·       L’opportunité donnée aux entités nationales et locales en Europe de renforcer ou d’entamer à ce niveau un dialogue avec les partenaires sociaux appropriés :

§  Pour échanger sur la déclinaison de ces orientations ou principes au niveau local,

§  Pour susciter au niveau local les initiatives appropriées afin d’améliorer les pratiques actuelles et s’aider à progresser dans les domaines traités dans chacune des Chartes.

 

TOTAL

 

Le Groupe a mis en place un Comité Européen dès 1991 et a toujours souhaité développer et maintenir un dialogue social européen, ce qui a amené naturellement les Fédérations syndicales européennes à recherche de leur côté à enrichir ce dialogue social au travers de négociations permettant à l’ensemble des filiales du Groupe de participer effectivement à ce dialogue.

 

L'objectif recherché est de formaliser les engagements du Groupe au niveau européen sur un certain nombre d’axes de la politique sociale et permettre aux filiales européennes d’y adhérer.

 


 

RHODIA

 

L'objectif recherché est d'assurer un suivi syndical de la politique de développement durable du Groupe et ainsi de renforcer la crédibilité de notre démarche de RSE

  

 

ARKEMA

 

Elargir le dialogue social au niveau européen et renforcer le sentiment d’appartenance au Groupe récemment indépendant (2006).

 

L’Oréal

L’objectif recherché par le dernier avenant sur le mode de fonctionnement de notre Comité d'Entreprise Européen (Instance Européenne de Dialogue Social) est de donner au dialogue social européen une importance renforcée au sein de l'Oréal, dans un esprit novateur, orienté vers un dialogue constructif et transparent, notamment sur les projets transnationaux entrainant des consultations dans au moins deux Etats membres. Sur ce sujet prioritaire, L’Oréal a effectivement mis en place une procédure d'information et consultation claire et précise, qui vise à permettre une évaluation transnationale de ces projets avec un maximum d'anticipation, sur la base de toutes les informations nécessaires, immédiatement disponibles.

GSK :

L’objectif recherché dans l’information-consultation est de s’assurer d’une communication directe et appropriée avec le personnel concerné par les secteurs en cours de réorganisation.

 


Acteurs à la négociation

Le groupe spécial de négociation (GSN) et ses spécificités

Aucune directive ne précise les points qui permettent de constituer un Groupe Spécial de Négociation habilité à négocier un accord transnational.

Composition

a.       Cas de la constitution d’un comité d’entreprise européen :

·         Composition: le nombre de ses membres est limité, avec un membre de chaque pays de l'U.E. où le Groupe est présent, puis avec une répartition proportionnelle à l'effectif des salariés dans chaque Etat-membre.

·         Mode de désignation, selon le principe de subsidiarité: chaque délégation est définie en fonction des législations et usages de chaque Etat-membre (et peut faire l’objet d'accords préalables).

·         Mode de fonctionnement: les réunions sont convoquées par la Direction du Groupe

Le texte est écrit au fur et à mesure des réunions de négociation (la langue de travail et les traductions sont à préciser). Les membres du GSN peuvent se faire assister par des experts (en l'occurrence, des membres des Fédérations ou Confédérations syndicales européennes et par des interprètes.

Le Groupe Spécial de Négociation peut décider de ne pas entamer de négociations en vue d'aboutir à un accord, avec un vote à la majorité des 2/3.

L'accord est conclu si la majorité des participants est favorable à la conclusion. En pratique, les négociations se poursuivent jusqu'à l'accord quasi unanime.

b.      Cas d’un groupe disposant d’un comité d’entreprise européen :

Le groupe spécial de négociation peut être constitué autour du comité restreint du comité d’entreprise européen.

Les Fédérations syndicales européennes doivent  être associées  aux choix des thèmes de négociation et s’assurer que les membres du GSN ont un véritable mandat de négociation auprès de leurs instances nationales.

c.       Cas d’un groupe ayant fait le choix d’un interlocuteur unique :

L’interlocuteur unique est le représentant d’une fédération professionnelle européenne ou mondiale qui forme une délégation de salariés dont ce représentant est le chef de délégation.

La délégation peut être constituée sur les mêmes bases que pour la constitution d’un comité d’entreprise européen, mais sans contrainte légale.

 

Rôle de l’encadrement dans la négociation

 

L’encadrement doit faire partie de l’instance de négociation tant en raison de la spécificité de leurs responsabilités au sein des entreprises que du rôle déterminant qui sera le leur dans la mise en œuvre de ces accords.

 

Cependant la représentation syndicale de l’encadrement n’est pas assurée de la même manière dans tous les pays. Il appartient aux organisations syndicales de l’encadrement, pays par pays, de se saisir de cette question afin d’être représentées. Il appartient aux Directions des entreprises de leur faciliter cette représentation.

 

Saint-Gobain

 

Un représentant de la FECCIA a accompagné les représentants du personnel au sein du Groupe Spécial de Négociation qui a concrétisé le dernier avenant 2009 de l’accord du 12 mai 1992 portant création de la convention Saint-Gobain pour le dialogue social européen couvrant 143 000 salariés.

 

 

 

TOTAL

 

L'encadrement  était représenté parmi les membres du groupe spécial de négociation par les Fédérations Européennes adhérentes à la CEC European Managers, la FECCIA (Chimie) et la FECER (Energie). Les organisations adhérentes sont parties prenantes, pays par pays.

 


 

SOLVAY

 

L’encadrement chez SOLVAY a toujours été étroitement associé à l’élaboration du contenu des projets de Charte et à leur mise en œuvre, selon trois possibilités :

 

·               représentant de la Direction : lors des échanges directs avec les membres du CEE lors de Séminaires triennaux communs «Membres du CEE & Membres du Management » ayant traité des thèmes devant faire l’objet des Chartes.

 

·               expert : lors de l’élaboration des projets de texte. Des membres du Management, choisis en raison de leur domaine de compétence, furent associés aux échanges entre le Secrétariat du CEE la Direction des Relations Sociales Europe du Groupe présidant à cette élaboration.

 

·               membre du groupe spécial de négociation : les membres du CEE représentant le Personnel d’Encadrement (CFE-CGC ou Cadres membres du CEE d’Organisations Syndicales non catégorielles) se sont toujours fortement impliqués.

 

 

Moyens mis à disposition lors de la négociation

La mise à disposition des moyens indispensables à un dialogue constructif lors des négociations est essentielle et se devrait d’être envisagée avec pragmatisme tout en veillant plus particulièrement à trois points :

·        La fréquence adaptée des réunions, préparatoires et plénières

·        Le choix des langues avec interprétariats

·        La traduction indispensable des documents de travail et des comptes-rendus de réunions

 Protection des membres du GSN

Souvent, la protection juridique des représentants du personnel est celle de leur mandat d'origine, qui est simplement étendu au Comité d’Entreprise Européen et au groupe spécial de négociation, ce qui est un facteur d’incertitude et de discrimination possible.

Il apparait souhaitable, voire nécessaire, que la protection juridique des membres du GSN soit clairement définie afin de lever ces écueils.

 


Les  Associations d’Employeurs et les Directions d’Entreprises

Il est essentiel de favoriser des occasions d’échanges avec les employeurs et leurs associations  permettant de maximiser l’intérêt des employeurs concernant les accords transnationaux et de diminuer les freins susceptibles de les rendre hésitants à s’engager dans cette démarche :

·         Susciter des réunions informelles sur les thèmes les plus propices à une convergence d’orientation.

·         Faire connaître des ACI couvrant ces thèmes et leurs retombées positives quant au déploiement  des politiques « Groupe/Corporate ».

·         Favoriser les facteurs de consensus entre partenaires sociaux  et employeurs sur les objectifs poursuivis.

·         Privilégier des propositions simples permettant une souplesse dans leur mise en œuvre et leur déclinaison.

 

Les Fédérations Syndicales nationales et les sections syndicales d’entreprise  

 

Les possibilités de conclure un accord transnational est d’autant plus élevé en Europe que le dialogue social y est plus développé au niveau national notamment dans les pays où l’implantation géographique de l’entreprise y est la plus importante.

 

Dans ce cadre il convient :

 

§ En cours de négociation, d’assurer un lien entre les membres du GSN, leurs fédérations syndicales nationales et leurs sections syndicales d’entreprise. Les membres du GSN doivent pouvoir rendre compte de leur mandat auprès des instances nationales en toute transparence.

 

·    A la fin de la négociation, une procédure d’Information/Consultation des Représentants du Personnel au niveau national et/ou local  sous une forme appropriée correspondant  aux législations nationales constitue un levier puissant de mise en œuvre et de déclinaison appropriée des Accords ou Chartes.

 


Procédure de négociation

Les étapes de la négociation

 

Les procédures de négociation se caractérisent par leurs variétés. L’important est de faire preuve de pragmatisme afin de s’adapter au contexte et aux réalités de l’entreprise avec la ferme volonté d’aboutir de part et d’autre dans le cadre d’un dialogue responsable et constructif de faire progresser par voie d’accord transnational les thèmes considérés comme prioritaires par l’ensemble des parties.

 

Quelques exemples évoqués ci-après en témoignent.

 

TOTAL :

 

Compte tenu des thèmes traités, il était important que ce soient des salariés du Groupe qui y participent et apportent la connaissance qu’ils ont de ces sujets dans leur société d’affectation. Ces accords ont ensuite été signés par les représentants des Fédérations Syndicales européennes.

 

RHODIA :

 

La conclusion de l'accord sur la Responsabilité Sociale du Groupe dans le monde a nécessité 3 mois de préparation et 12 mois de négociation (mi 2003 à début 2005)

 

Sanofi-Aventis

 

La négociation d’entreprise doit appartenir aux personnels de l’entreprise. Eux seuls peuvent correctement évaluer les enjeux. Il en résulte que les négociateurs doivent être d’abord des salariés de l’entreprise, ensuite selon les choix faits appartenant à une organisation syndicale ou désignés par l’ensemble du personnel qu’ils représentent, et enfin si nécessaire qu’un lien clair et fort soit établi avec des regroupements syndicaux européens.

 

Le choix fait par Sanofi-aventis à l’époque a été de privilégier les représentants de l’entreprise parmi les salariés syndiqués à une organisation syndicale adhérente à une fédération européenne. La voix des fédérations et des syndicats européens étaient très minoritaires dans l’instance de négociation.

 

Sanofi-aventis avait fait le choix de signer un accord sur la mise en place de l’instance européenne de négociation avec les organisations syndicales européennes mais les accords européens conclus au sein du Groupe devaient être négociés par les représentants des salariés du Groupe, bien sûr issus d’organisations syndicales adhérant aux fédérations européennes.

 

 

SOLVAY :

 

La méthode de négociation commune à l’élaboration des quatre Chartes et ayant conduit à leur adoption s’articule en quatre étapes :

·         Elaboration du canevas des points à traiter dans le projet d’accord

o   Elaboration en commun des points à traiter et des orientations à proposer dans le cadre des échanges entre les membres du Secrétariat du CEE et le Directeur des Relations Sociales Europe lors de leur réunion mensuelle.

o   Rédaction d’un projet de texte par la Direction des Relations Sociales Europe en relation avec le réseau des Directeurs des Relations Sociales des différents pays européens.

 

·         Soumission du projet d’Accord aux membres du CEE

o   Transmission du projet d’Accord et recueil des avis et suggestions de chacun des membres du CEE par les membres du Secrétariat.

o   Chaque membre du Secrétariat est en relation avec les Membres du CEE de plusieurs pays que les trois Secrétaires se sont répartis par zones :

§  Belgique, Espagne, Portugal, Royaume-Uni, Irlande

§  France, Italie, Bulgarie, Hongrie

§  Allemagne, Pays-Bas, Autriche

o   Synthèse par le Secrétariat des avis et suggestions émises par l’ensemble des membres du CEE sur le projet d’Accord.

 

·         Finalisation du projet d’Accord

o   Echanges entre les membres du Secrétariat du CEE et le Directeur des Relations Sociales Europe lors de leur réunion mensuelle sur les modifications ou enrichissements à apporter au projet initial suite aux avis émis par les membres du CEE.

o   Elaboration en commun du texte du projet final d’Accord.

o   Soumission de ce document pour accord à la Direction Générale du Groupe.

 

·         Proposition à la signature du projet définitif d’Accord aux membres du CEE

o   Projet d’Accord soumis au vote des 23 membres du CEE représentant 13 pays d’Europe.

o   Accord adopté s’il recueille la majorité absolue des voix des 23 titulaires.

o   Signature par le Secrétaire ou par les trois Secrétaires du CEE au titre du Comité d’Entreprise Européen et par le Président du Comité Exécutif du Groupe Solvay pour la Direction.

 

 

 

L’importance du rôle des Comités d’Entreprise Européens

Bien que leur mission ne comprenne pas de pouvoir de négociation (à l’exception de certaines dispositions très spécifiques), il demeure que les CEE ont été la plupart du temps soit initiateurs, soit associés à la conclusion des ACI.

Leurs principaux atouts résultent de ce que :

·         Les accords de niveau supérieur  se nourrissent souvent des accords d’entreprise. Or les CEE est l’unique Instance Représentative du Personnel d’Entreprise au niveau européen

·         Les interlocuteurs premiers et privilégiés de l’Entreprise sont le plus généralement les Représentants du Personnel, eux-mêmes membres du personnel

·          Les CEE sont des facteurs d’apprentissage d’un dialogue constructif et responsable avec la Direction de l’Entreprise. La réussite de négociations  transnationales est favorisée par un apprentissage à ce niveau.

Considérant ce rôle déterminant que les CEE peuvent avoir pour promouvoir et conclure des accords transnationaux, il n’en demeure pas moins que la pleine efficacité de ces accords ne saurait toutefois résulter que de l’appui qu’ils se doivent de rechercher auprès des Fédérations tant nationales qu’européennes de leurs membres.

 

Les sujets et leurs priorités

Il ne saurait y avoir de règles en la matière, surtout pour initier de premiers accords transnationaux. Toutefois certaines recommandations tirées de l’expérience peuvent être utiles quant au  choix des sujets :

·         Donner la priorité aux thèmes correspondant à une convergence d’objectifs maximale entre d’une part  les représentants du personnel entre eux (Organisations Syndicales et Représentants du Personnel nationaux et européens) et d’autre part la Direction de l’entreprise.

·         Partir d’un diagnostic partagé de la situation existante  permettant de dégager les pistes de progrès attendues et faisant consensus.

·         S’inspirer de tout ou partie des  ACI signés pour illustrer ce que pourraient être les pistes de progrès souhaitées.

·         S’inscrire autant que faire se peut dans l’Agenda Social européen.

 

Accords-types

Préambule

·        Historique

·        Contexte mondial ou européen

·        Objectifs et thèmes

·        Définition des acteurs

·        Résultats attendus

  

Champ : définition du périmètre du Groupe:

·        Siège Social (en vue de rechercher la loi applicable)

·        les filiales dans les pays de l’U.E., Espace Economique Européen (E.E.E.), Europe Géographique ou tout autre espace géographique incluant l'U.E (le Monde).

Annexer la liste des filiales par pays avec le capital (ou les voix attachées) contrôlé directement ou indirectement et des effectifs concernés (à décomposer en cadres et autres salariés).

Note : une filiale où la Société-mère peut nommer les dirigeants (la moitié des membres du Conseil d'administration ou du Conseil de surveillance) est incluse dans le périmètre du Groupe, même si le capital contrôlé est inférieur à 50%.

Le champ des accords peut varier en fonction des sujets (surtout en ce qui concerne la responsabilité sociale):

·        sous-traitance : les sous-traitants de niveau 1 et 2 sont inclus dans l’accord

·        joint-venture : les filiales en joint-venture sont incluses dans l’accord

·        cession d’activité : le repreneur est inclus dans l’accord

 

Objet des accords :

 

 

SOLVAY

 

Les deux options présidant au choix des thèmes :

Une vision commune partagée entre la Direction du Groupe et les membres du CEE :

·               Concrétiser de façon formelle des engagements partagés à décliner au niveau européen résultant du dialogue constructif noué au sein du CEE et entretenu de façon permanente avec son Secrétariat,

·               S’attacher à retenir pour objet d’engagements communs des thèmes correspondant à des priorités sociales pour lesquelles la Direction et les membres du CEE entendaient « progresser ensemble ».

Les modalités de choix des thèmes

 

·         Résultat d’un échange entre le Secrétariat du CEE (trois Secrétaires élus émanant des trois principaux pays où le groupe est installé en Europe) et le Directeur des Relations Sociales Europe.

·         Thèmes retenus privilégiant ceux ayant fait l’objet des questions les plus récurrentes lors des réunions plénières du CEE ou ayant suscité le plus d’intérêt lors des Séminaires triennaux réunissant les Membres du CEE et un nombre égal de Représentants de la Direction du Groupe.

 

Quatre chartes signées entre la Direction du Groupe et les membres de son Comité d’Entreprise Européen depuis sa création par voie d’Accord le 5 octobre 1995

 

·               Mai 1999 : Charte sur les pratiques du Groupe Solvay en matière de Sous-traitance,

·               Mai 2003 : Lignes Directrices du Groupe Solvay en matière d’orientations sociales dans les Joint-ventures,

·               Mai 2004 : Charte sur les pratiques du Groupe Solvay en matière de Santé et de Sécurité du Personnel,

·               Novembre 2008 : Charte engageant la Direction et le CEE du Groupe Solvay en matière de Développement Durable et de Responsabilité Sociétale d’Entreprise.

 

 

 

 

TOTAL, RHODIA, Sanofi-Aventis

 

                Choix des thèmes par la Direction après des échanges plus ou moins formels avec le secrétaire du CEE et les Fédérations syndicales européennes ou mondiales.

 


 

TOTAL

 

TOTAL a négocié et signé trois accords européens applicables dans l’ensemble de ses filiales implantées en Europe :

 

Champ d’application :

 

Union Européenne élargie à la Norvège.

 

Objets des accords :

 

·         Plateforme Sociale Européenne (22 novembre 2004) qui affirme l’engagement du Groupe en faveur d’un dialogue social continu à tous les niveaux du Groupe en renforçant l’information et la concertation des partenaires sociaux sur les projets d’évolution du Groupe en Europe , en favorisant la gestion prévisionnelle des emplois et des compétences tout au long de la vie professionnelle et en soutenant la mise en œuvre des solutions adaptées en matière d’emploi, de conditions de travail et de protection sociale en cas d’évolution des entités du Groupe.

 

·         Accord sur l’égalité des chances (21 novembre 2005) avec pour objet de privilégier, de développer et de garantir la diversité et l’égalité de traitement entre les hommes et les femmes, depuis le recrutement jusqu’au terme de la vie professionnelle.

 

·         Accord sur les aides à la création, la reprise ou au développement de petites et moyennes entreprises (28 mars 2007, accord cadre permettant, hors toute opération de restructuration pour motif économique, de mettre en place dans des filiales européennes du Groupe des aides pour aider des petites et moyennes entreprises à favoriser l’emploi autour des sites de TOTAL ou à mettre en œuvre des actions à l’export en bénéficiant des compétences du Groupe et de sa connaissance des marchés. L’accord offre aux organisations syndicales la possibilité d’être parties prenantes dans le recueil des demandes des PME et le suivi des dossiers.

 

 


 

RHODIA

 

L’accord porte sur la politique RSE (responsabilité sociale des entreprises) de RHODIA.

 

L'accord est applicable sur l’ensemble du périmètre Rhodia dans le monde pour assurer la cohérence entre le périmètre économique et le périmètre social.

 

 

 

Sanofi-Aventis

 

Tous les sujets peuvent être abordés, sous réserve qu’ils ne remettent pas en cause des principes existants dans les pays, ou des systèmes juridiques spécifiques à tel ou tel pays. Ceci impose de rester dans les principes communs et laisser les voies et méthodes d’application aux modalités de chaque pays.

 

 

 

AGC Chemicals Europe Ltd

 

Thèmes choisis :

·  droit syndical

·  sous-traitance

·  formation, développement des qualifications

·  amélioration de la politique commerciale,

·  gestion du changement,

·  améliorer l’avantage concurrentiel en utilisant mieux les compétences personnelles

 

Thèmes en désaccord : 

·  responsabilité sociale

·  égalité des chances

 

 

 


Moyens matériels et mise en œuvre

L'accord définit :

·        Les moyens matériels pris en charge par la Direction

·        Le choix des langues, l’interprétariat et les traductions,

·        Les conditions locales (nationales) d’application de l’accord

·        La formation à mettre en œuvre pour l’application de l’accord.

·        L’implication de l’encadrement dans la mise en œuvre

La protection juridique des représentants du personnel est celle de leur mandat d'origine, qui est simplement étendu au Comité d’Entreprise Européen.

Publicité de l’accord

·        Choix des langues de traduction

·        Format électronique et mise en ligne sur l’Intranet (salariés) ou Internet (parties prenantes)

·        Communication auprès de tiers (Direction du Travail, Commission Européenne, Bureau International du Travail).

Durée de l'accord

L'accord est en général à durée déterminée, et prévoit des procédures de révision avec une période de préavis et de renégociation.

Litiges

L'accord peut définir la loi applicable, ce qui définit le lieu où les litiges sont recevables.

Sinon, le suivi de l’accord est réalisé par les signataires.

 Signataires :

Les membres du GSN

Les fédérations syndicales

Les syndicats nationaux du siège social

 

Facteurs clés de succès

Au travers des expériences partagées dans le cadre de la préparation et du déroulement de la Conférence de Cannes, les rédacteurs du présent Guide se sont efforcés de recenser  ce qui à leurs yeux leur apparaissaient comme des facteurs clés de succès permettant la conclusion d’accords transnationaux.

 

Sur un plan général

Facteurs liés aux acteurs

 

a.       L’attachement de la Direction à l’importance d’un dialogue social constructif

·        La conviction forte au plus haut niveau de la Direction de l’importance et de la richesse d’un dialogue social constructif et responsable en général  et au niveau européen en particulier.

·        La reconnaissance du rôle essentiel  des partenaires sociaux en général et des Organisations Syndicales en particulier.

·         Les occasions suscitées de rencontres informelles avec les partenaires sociaux européens (membres des CEE  et des Fédérations Syndicales européennes)  pour s’accorder sur des priorités partagées.

b.           L’intégration de la part des partenaires sociaux des principaux freins potentiels à l’engagement de leur direction dans le processus

 

·        Les différences d’appréciation quant au choix des sujets et aux priorités à accorder.

·        Les difficultés de choix des interlocuteurs pertinents en raison de la diversité selon les pays des modes de représentation du personnel et de la disparité des niveaux de pratique du dialogue social.

·        Les incertitudes quant au caractère contraignant des accords et les risques potentiels de contentieux ou de conflits d’interprétation et d’application.

·        Les engagements financiers liés au déroulement de la négociation  ainsi que le coût de son processus de mise en œuvre.

 

c.       La coordination effective entre Représentants du Personnel de l’Entreprise et les Fédérations Syndicales européennes

 

·        Le  dialogue qu’il appartient aux  Membres du CEE d’entretenir avec leurs Fédérations Européennes.

·        Un degré de coordination actuellement très variable selon les pays.

·        Une conscience de son intérêt également variable de la part de certains Représentants du Personnel nationaux.

 

d.      La représentation des cadres assurée  au sein des CEE et des GSN

·         Une représentation trop souvent insuffisante par rapport à leur importance au sein des Groupes.

·        Un sujet sensible méritant un dialogue responsable de la part de l’ensemble des partenaires sociaux.

 

Facteurs liés au contexte

a.            Le degré de maturité de la prise de conscience de la place que doit jouer l’Europe pour enraciner et développer son modèle social

SOLVAY

La place de l’Europe est par nature essentielle et déterminante dans ces accords  puisque ceux-ci  permettent de prolonger le dialogue social constructif auquel le Groupe Solvay est attaché dans les pays européens où il est majoritairement implanté.

 

Le Comité d’Entreprise Européen offre un cadre (presque légal) pour des négociations transnationales en Europe qui sont susceptibles de contribuer à la construction de l’Europe Sociale.

 

Le Groupe SOLVAY n’ayant qu’une seule et même Politique Sociale et Ressources Humaines, il n’est pas exclu que les Chartes signées avec le CEE s’appliquent volontairement dans les autres pays du monde où le Groupe est installé.

 

Les modes de déclinaison de ces Chartes relèveront alors d’échanges conduits par les Directions des pays concernés au niveau approprié.

 

TOTAL

Le partenariat de la Direction avec les Fédérations syndicales européennes et avec les représentants des différentes organisations syndicales nationales adhérentes à ces Fédérations est important et doit être privilégié par rapport à une intervention plus administrative qui découlerait de Directives européennes qui pourraient avoir un effet plus contraignant et donc tarir les volontés de négociation dans le groupe ou l’entreprise.


 

RHODIA

L’accord de RHODIA est mondial.

Il fait l’objet d’une présentation aux membres du CEE une fois par an pour le suivi de son application

Ceux-ci sont formés aux indicateurs de Rhodia Way (avec présence de l’ICEM).

 

b.       La prise en compte des différences culturelles au niveau européen et des cadres légaux nationaux

Les cultures étant différentes dans chaque pays, la prise en compte par chacun de la culture des autres peut parfois entraîner des approches différentes sur un même thème.

 

TOTAL

 

Chaque pays n’ayant pas le même niveau de législation, des difficultés sont apparues lorsqu’il s’est agi de négocier sur la question de l’intégration des personnes ayant un handicap ou sur le traitement salarial des femmes à l’issue de leur maternité.

 

Sanofi-Aventis

 

Probablement le temps de l’explication  de l’accord n’a pas été assez exploité, l’obstacle de la langue a été réel, le poids et la résistance des susceptibilités d’instances plus fort qu’initialement envisagé.

 

 

 

 


Sur un plan pratique

Quatre facteurs méritent une attention particulière pour concourir au succès des négociations.

Le temps à accorder  aux phases de transition

Le temps accordé au temps est une donnée essentielle dans la démarche permettant d’aboutir à des accords transnationaux. Il est de nature à favoriser :

·         La formation aux langues et la connaissance des différences interculturelles.

·         L’instauration d’un climat de confiance emprunt de respect et de la convivialité tant entre Direction et membres du CEE qu’entre membres du CEE entre eux.

·         Le respect d’étapes pour capitaliser les  avancées et susciter l’envie de partager de progresser ensemble

 

La langue de travail

 

Dans les réunions, il est d’usage de faire appel à des interprètes en simultané, en chuchoté ou en alternance. La question est de savoir combien de langues vont être utilisées. Certains participants acceptent de parler dans une autre langue que leur langue d’origine, comme ceux des Pays nordiques qui parlent couramment l’anglais. Cette dernière langue devient de plus en plus la langue de référence par rapport au français, assez peu parlé en dehors des pays frontaliers de la France.

 

Les comptes-rendus sont souvent rédigés dans la langue de travail, qui est celle du siège social ou l’anglais. Une traduction de tous les documents de travail indispensable au  travail des participants. Sinon, les réunions sont mal préparées par les participants.

 

 

Les modalités de décision au moment de la signature ou de la mise en œuvre.

 

 

SOLVAY

A noter :  le processus de décision était partagé entre le bureau du comité d’entreprise européen et l’ensemble des membres du CEE.

 

·        Les Chartes sur « la Sous-traitance » et « la Santé et la Sécurité du Personnel » ont été adoptées à l’unanimité des membres du CEE.

·        La Charte sur « le Développement Durable et la Responsabilité Sociétale de l’Entreprise » a été avalisée par 22 des 23 membres du CEE représentant les 13 pays d’Europe entrant dans le périmètre de notre CEE.

·        Seule la Charte sur les lignes directrices du Groupe en matière d’orientations sociales dans les joint-ventures qui, tout en recueillant une majorité absolue, a fait l’objet d’abstentions concernant plusieurs pays en raison d’une insuffisance de modifications demandées par certains membres du CEE.

 

 

TOTAL

Seules les Fédérations Européennes sont signataires. Une liste des organisations nationales peut être annexée si une organisation nationale veut apparaître comme soutenant l’accord.

 

Inversement, des organisations nationales non affiliées aux Fédérations Européennes peuvent être signataires, même si elles n’ont pas participé à la négociation.

 

RHODIA

Emblématique de l’exclusivité de la négociation par une organisation internationale (ICEM). Des organisations non affiliées à l’ICEM ne peuvent pas être parties prenantes de l’accord. L’accord est applicable à tous les salariés du groupe Rhodia, mais seule la Direction de Rhodia peut en assurer la diffusion aux organisations non affiliées à l’ICEM, sans les associer à la mise en œuvre, alors que l’accord porte sur la responsabilité sociétale de Rhodia.

 

 

L’intégration des initiatives des Instances Européennes

Le suivi régulier de l’évolution de la législation européenne ainsi  que des échanges entre la Direction et les membres du CEE sur l’agenda social européen sont à susciter. Des initiatives en ce sens sont de nature à favoriser la conclusion d’accords internationaux en relation avec les Fédérations Syndicales européennes.

 


Efficience des Accords

La mise en place   d’accords transnationaux peut prendre un certain temps, le temps nécessaire à l’appropriation et à la transposition dans des entités de taille tout à fait différente (pouvant aller de 80/100 salariés à plusieurs centaines, voire milliers de salariés).

 

Leur efficience doit demeurer une préoccupation et un objectif majeur. A cet effet les points suivants sont de nature à y contribuer.

 

 L’effet utile

L’accord-cadre ne doit pas se substituer aux bonnes pratiques locales.

Son effet utile doit apparaître clairement aux yeux de tous les salariés, y compris l’encadrement. Le dialogue social doit en sortir renforcé sans augmentation des contentieux inutiles. L’effet utile se mesure au degré d’acceptation de l’encadrement et du personnel.

Une bonne décision est le produit de deux facteurs : la technicité (en l’occurrence, les thèmes de l’accord) et son acceptation (en l’occurrence son utilité pour la salarié).

 Les moyens mis en œuvre dans la mise en place

Compte-tenu de la taille et la diversité des métiers dans les groupes de la Chimie Européenne et Mondiale, les moyens sont automatiquement différents dans tous les sens du terme. Ils doivent prendre en compte aussi bien les évolutions des pratiques que sous-tend ce type d’accords que les moyens en termes humains et financiers.

 

 


 La communication au Personnel et à ses Représentants au niveau national et local

 

 

 

ARKEMA

 

L’accord fait l’objet de publicité interne. Il est bien maitrisé par l’ensemble des membres du Comité de Groupe Européen et par le Bureau de Liaison qui se réunit deux fois par an.

 

 

 

SOLVAY

 

La communication des différentes chartes est faite à trois niveaux :

 

·   Communication aux Représentants du Personnel des différents pays européens :

·         Via le Secrétariat du CEE pour les membres du CEE

·         Via le(s) membre(s) du CEE des pays représentés au sein du CEE aux Représentants du Personnel des entités du Groupe installées dans leur pays.

 

·               Communication au Management National et local par la Direction Générale des Ressources Humaines Groupe les invitant à faire figurer l’examen des accords à l’ordre du jour de réunions d’Information et de Consultation des Instances du Personnel appropriées à ces niveaux.

 

·               Publication sur l’Intranet Groupe : site spécifique dédié au CEE et sites Ressources Humaines Groupe mondiaux, nationaux et locaux accessibles à l’ensemble du Personnel.

 

 

RHODIA

 

L'accord initial « Rhodia » a été conclu en 2005 pour 3 ans, puis amélioré et renouvelé pour 3 ans le 25 mars 2008.

L'accord a été mis en ligne sur l'intranet dans toutes les langues du Groupe

Une présentation a eu lieu :

·               au management local dans tous les pays,

·               aux représentants des salariés,

·               au comité d’entreprise européen avec présence de l’ICEM

 

 

 


L’information/Consultation des Représentants du Personnel au niveau national

 

Le fait de signer des accords au niveau européen ne se limite pas à rendre plus crédible les engagements correspondant à une Politique Sociale Groupe affichée mais aide à ce que les principes correspondant à cette Politique soient effectivement déclinés dans le respect des engagements du Groupe

 

Le niveau d’appropriation est d’autant plus élevé dans les différents pays d’Europe et leurs établissements que le dialogue social avec leurs Représentants du Personnel y est développé.

 

Une procédure d’Information/Consultation des Représentants du Personnel au niveau national et/ou local  sous une forme appropriée correspondant  aux législations nationales constitue un levier puissant de mise en œuvre et de déclinaison appropriée des Accords ou Chartes.

 

 

L’implication  du management dans la mise en œuvre des accords

 

 L’encadrement ainsi que cela a été souligné précédemment constitue un  facteur essentiel de la réussite de la mise en œuvre des accords transnationaux signés et du respect des engagements pris. A cet égard, il est à souligner :

 

·               Le rôle de la Direction Générale (Comité Exécutif,  Directions Secteurs…),  des Directions Nationales et Locales par les impulsions qu’elles se doivent de donner pour la déclinaison et le suivi des engagements pris.

 

·               Le rôle de l’encadrement à tous les niveaux pour s’approprier les engagements pris, les faire connaître et imaginer dans le dialogue avec le Personnel et ses Représentants les initiatives à prendre et les moyens de traduire dans les faits ce qui ne pourrait rester qu’un catalogue de bonnes intentions.

 

Le Monitoring et le suivi des accords

Ce type de disposition est essentiel pour s’assurer de l’effectivité de la déclinaison des accords. Elle peut prendre des formes diverses ainsi que l’illustrent les bonnes pratiques suivantes.


Suivi du résultat obtenu : cas général

 

Quelque soit le type d’accord, le comité d'entreprise européen est informé et plus fréquemment au niveau du bureau de liaison.

 

 

SOLVAY

 Un dispositif spécial de suivi du déploiement de la Charte « Développement Durable et Responsabilité Sociétale d’Entreprise » a été mis en place :

 

·         Plan d’actions et de déploiement à 5 ans élaboré conjointement entre le Secrétariat du CEE et la Direction des Relations Sociales Europe,

·         Mise en place d’un Comité de Suivi composé de Membres du CEE et de la Direction,

·         Elaboration en commun d’Indicateurs de Progrès (degré de déploiement et indicateurs de performance).

 

Deux réunions par an l’une précédant la réunion plénière annuelle, l’autre la suivant peuvent être organisées dans chaque pays par les membres du CEE auprès des représentants du personnel de leur pays. Ces réunions contribuent au suivi des accords conclus.

 

 

TOTAL

Les pratiques sociales dans les filiales du périmètre de la plateforme sociale européenne font l’objet d’un rapport annuel qui est distribué et commenté.

 

Un groupe de travail examine le mode d’élaboration du tableau de bord annuel sur l'égalité professionnelle établi à l'aide d'un logiciel commun à toutes les filiales du groupe. .

Ce tableau de bord édité sous forme reliée est examiné une fois par an au cours d'une journée de réunion du bureau de liaison dédiée à cet examen.

 

 

RHODIA

 Les indicateurs de suivi font l’objet du programme « Rhodia Way »

 

Des missions d’évaluations ont été conduites en Chine en 2007 et au Brésil en 2008.

En 2009 la mission a lieu aux Etats-Unis.

 

 
 

Loi applicable 

Valeur normative des accords

 

Les accords conclus ou les chartes sont des accords-cadres internes à un groupe d’entreprises.

Il n’existe pas de cadre légal européen ou mondial qui pourrait entraîner une interprétation supranationale. Or l’efficience de la mise en œuvre supposerait qu’un cadre juridique définisse les limites du supranational.

 

 Dans ce contexte, des exemples méritent toutefois d’être soulignés quant à la valeur normative que les signataires s’efforcent de donner à leurs accords.

 

 

Sanofi-Aventis

La construction d’un système social européen passe d’abord par la définition de grands axes partagés. Sans cette définition politique (principes communs) il ne peut y avoir par la suite de mises en œuvre nationales cohérentes.

 

 

 

RHODIA

La valeur normative des accords signés au sein de cette instance, dans la mesure où ce ne sont que des principes communs inapplicables en tant que tels, ne peut s’imposer que si des accords locaux/pays sont signés, intégrant toutes les modalités de mise en œuvre. Tout ceci tenant compte dans chaque pays des contraintes règlementaires ainsi que des usages parfois très prégnants.

 

 

SOLVAY

Les principes et orientations figurant dans ces accords ou chartes correspondent à des « Engagements » conjoints obligeant tant la Direction que les Partenaires Sociaux à leur respect. Ils ont donc valeur normative dans l’ensemble des établissements des pays d’Europe dans lesquels le Groupe est installé. Les éventuels différends sur le respect de ces engagements sont traités par le dialogue entre Direction et Représentants du Personnel au niveau des Instances Représentatives où pourraient naître ces différends.

 

 

TOTAL

Les engagements pris par la Direction du Groupe dans ces accords résultent d’une volonté prise sans contrainte. C’est l’accord des volontés qui donne toute sa valeur à ce type d’accords et le recours à des tribunaux ne se justifie pas.

C’est alors vers la Direction du Groupe qui s’est engagée que les partenaires sociaux pourraient revenir pour faire éventuellement le constat de l’inadaptation de certains dispositifs et donc de leur réorientation nécessaire.

 

Résolution des litiges

La connaissance de litiges quant à l’application d’accords transnationaux est quasi inexistante. Les éventuels différends qui auraient pu  ou pourraient naitre ont à ce jour pour cadre de résolution un dialogue entre Direction et Représentants du Personnel au niveau qu’ils estiment approprié.

Deux orientations  sont suggérées  pour favoriser la résolution des litiges :

 

  Clause spécifique dans les accords

Le plus simple apparait de confier à une instance paritaire de suivi  la résolution d’éventuels conflits d’interprétation ou d’application dans le cadre d’une des dispositions de l’accord.

L’accord pourrait également prévoir la loi applicable et la juridiction compétente en cas de conflit dans le respect des législations nationales des pays concernés par l’accord.

 

   Procédure d’alerte si le niveau local est conflictuel

Le meilleur canal est l’affiliation syndicale : le représentant du personnel s’adresse à son syndicat local qui s’adresse à sa fédération d’appartenance qui alerte la direction centrale. Cela suppose que le circuit intérieur n’a pas suffi.

Un autre circuit souvent utilisé est la direction locale qui alerte la direction centrale qui alerte la fédération syndicale.



Conclusion

Les rédacteurs  n’ont pas la prétention d’avoir pu répondre de façon exhaustive au travers de ce Guide  à l’ensemble des questions  que se posent  les acteurs potentiels de la conclusion d’accords  transnationaux.

Ils se sont attachés à réunir et à ordonner les éléments qui leur sont apparus les plus utiles ainsi que de bonnes pratiques  de nature à favoriser  le progrès du dialogue social européen par la voie d’accords.

Ils formulent le souhait que ce Guide puisse concourir efficacement à satisfaire cette ambition qui a présidé à la Conférence Européenne de Cannes des 29 et 30 septembre 2009 organisée par la FECCIA, la CEC et la CFE-CGC Chimie, et ce principalement à trois titres :

·    Par la richesse de son contenu, apporter à l’ensemble des acteurs européens et nationaux (Organisations Syndicales et Représentants du Personnel, Directions d’entreprises et Associations d’Employeurs, Institutions Politiques et Administrations) une aide et un support utiles pour la conclusion d’accords transnationaux.

·    Par la variété des bonnes pratiques recensées,  conforter la poursuite du dialogue social européen et favoriser les occasions d’ouverture et de poursuite de ce dialogue entre toutes les parties prenantes sans exclusive notamment vis-à-vis des ONG sur les thèmes touchant à la Responsabilité Sociétale de nos entreprises.

·    Par la voie ouverte à la poursuite de progrès inhérente à ce Guide, renforcer la démarche entreprise en invitant l’ensemble des lecteurs et des futurs utilisateurs de ce guide à l’enrichir des expériences qu’ils ont pu conduire ou qu’ils seront amenés à conduire dans les mois et années à venir pour renforcer et développer le modèle social européen.

La FECCIA, la CEC et la CFE-CGC-Chimie s’emploieront à faire vivre ce Guide avec le concours de l’ensemble de celles et de ceux qui entendent s’associer dans cette démarche. 



Glossaire

 

sigle

intitulé

Site web

ACI 

accord cadre international

 

AMPS 

Association du personnel d’encadrement britannique

www.amps-tradeunion.com

BIT 

Bureau International du Travail

 

CEE 

comité d’entreprise européen

 

CEC

Confédération Européenne des Cadres

www.cec-managers.org

CIC

Confédération Internationale des Cadres

 

CES

Confédération Européenne des Syndicats

www.etuc.org

CFE-CGC CHIMIE

Fédération des syndicats du personnel d’encadrement des industries chimique et connexes

www.cfecgc-chimie.org

DRH 

Directeur des Ressources Humaines

 

ECEG

Association Européenne des Employeurs

www.eceg.org

EMCEF 

Fédération Européenne des Syndicats de la Chimie, des Mines et de l'Energie

www.emcef.org

Eurofound

Fondation Européenne pour l’Amélioration des Conditions de Travail

www.eurofound.europa.eu

GRI

Global Reporting Initiative

 

GSN 

groupe spécial de négociation

 

FECCIA 

Fédération Européenne des Cadres de la Chimie et Industries Annexes

www.feccia.org

FICCIA 

Fédération Internationale des Cadres de la Chimie et Industries Annexes

 

FIOM

Fédération internationale des organisations de travailleurs de la métallurgie

www.imfmetal.org

ICEM 

Fédération Internationale des Syndicats de la Chimie, des Mines et de l'Energie

www.icem.org

OIT 

Organisation Internationale du Travail

www.ilo.org

ORSE 

Observatoire de la Responsabilité Sociétale des Entreprises

www.orse.org

RSE 

Responsabilité Sociale des Entreprises

 

VAA

(Führungskräfte Chemie) : Association (Verband) des Cadres Allemands de la Chimie

www.vaa.de