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F.E.C.C.I.A. |
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Pont-à-Mousson, le 29 septembre 1995
Communiqué de presse
LES COMITÉS D'ENTREPRISES EUROPÉENS
La Directive européenne du 22 Septembre 1994 a donné cinq ans aux partenaires sociaux pour parvenir à des protocoles d'accord créant les comités d'entreprise européens, à chaque fois que les groupes internationaux comportent plus de mille salariés dont 150 dans au moins deux pays européens. Des accords dérogatoires éventuellement plus souples que la Directive peuvent être conclus jusqu'au 22 septembre 1996. Un comité imposé peut ne pas être l'intérêt des industries, et ne pas être l'intérêt des Cadres que nous sommes et qui sont des salariés des entreprises et non pas des permanents syndicaux. Nous voulons que les Cadres et les Cadres dirigeants aient une représentation spécifique dans ces Comités. Nous demanderons donc dans tous les groupes d'entrer en négociation pour obtenir notre représentation. C'est ce que nous avons négocié ou négocions aujourd'hui chez Elf, Solvay, Rhone-Poulenc, Péchiney, BASF, Bayer, Unilever, etc.. Nous voulons être des partenaires. Nous préférons la négociation. Nous veillerons à ce que les lois nationales précisent avant la fin de l'année prochaine les conditions de la représentation des Cadres et des Cadres Dirigeants Les Comités d'Entreprises Européens ont pour objet la bonne information et consultation des Salariés : nous jouerons notre part, car nous sommes les premiers concemés : nos carrières sont de plus en plus internationales.
LA REPRISE INDUSTRIELLE & LES DELOCALISATIONS
Les secteurs de l'industrie chimique connaissent une conjoncture favorable dans tous les pays de l'Union Européenne. Cette évolution se poursuivra en 1995 & 1996 quoiqu'à un rythme plus faible. On a pu observer une hausse des bénéfices dans nos entreprises, même s'ils restent plus faibles qu'aux USA et en Suisse. Cependant l'emploi ne redécolle pas. Rien ne laisse espérer une embellie dans ce domaine. Au contraire, les investissements nouveaux de nos industries se font en créant l'emploi ailleurs ! Pourquoi ? L'opinion publique n'est pas favorable aux développements de la Chimie, dont elle ne voit que les dangers et les risques, alors que nous savons, nous, les Cadres, de mieux en mieux les contenir et les gérer. Il s'ensuit des législations non harmonisées mais de plus en plus restrictives dans nos pays, mais pas ailleurs dans le monde. On empêche même ici le progrès dans la gestion de l'environnement ou la Santé (Pharmacie, Génie génétique etc.)... La bureaucratie et les réglementations sont de plus en plus prégnantes, alors même que les industries sont plus mobiles et flexibles. Les cadres qui sont à l'origine de l'innovation et de la performance ne supportent plus les bureaucraties tatillonnes et refusent de voir stériliser leur créativité. Les industries se délocalisent donc... Et l'Europe s'appauvrit, car seule l'industrie crée la Richesse. Nous en appelons à la responsabilité de nos dirigeants politiques : Tant va la cruche à l'eau qu'à la fin elle se casse.
Un exemple
L'ECOTAXE
Les cadres de l'industrie chimique se sont toujours prononcé en faveur de la réduction des émissions polluantes. Les entreprises chimiques ont fait d'énormes efforts dans ce sens au cours des dernières années, en réduisant considérablement le volume des déchets et la consommation d'énergie par de nouveaux procédés et grâce de nouvelles installations. En plus l'industrie espère réduire les émissions de C02 de façon drastique - en pourcentage de 20 % et plus - d'ici l'an 2005. Cependant, la FECCIA s'oppose énergiquement à ce que l'utilisation de l'énergie soit taxée fiscalement soi-disant par souci écologique. L'instauration d'une taxe énergétique sur le C02 retirerait aux entreprises implantées toute base de gestion. Tous les secteurs consommateurs d'énergie, en particulier l'industrie chimique, seraient touchés et gravement affaiblis. Cette taxe supplémentaire ne serait en aucun cas bénéfique pour la protection de l'environnement. Les entreprises voulant rester compétitives au niveau international seraient contraintes de se délocaliser dans d'autres pays, ce qui aurait pour conséquence une réduction supplémentaire des emplois en Europe; la qualité de l'environnement dans sa globalité ne serait pas améliorée.
Pour finir, nous affirmons être tous d'accord en Europe pour dire que, que ce soit sur le marché du travail, dans les domaines de la recherche et des brevets, ou plus généralement dans l'exploitation du potentiel intellectuel de nos pays, la situation actuelle ne peut pas et ne doit pas durer...
le 29 septembre 1995
Prise de position du Président de la FECCIA concernant la situation de la chimie et des industries annexes en Europe
Les secteurs de la chimie et des industries annexes connaissent une conjoncture positive dans tous les pays de l'Union européenne ; cette évolution se poursuivra en 1995 et également en 1996, quoiqu'à un rythme plus faible Cette évolution positive a eu pour conséquence une hausse du bénéfice dans les entreprises de nos secteurs industriels, qui reste cependant bien inférieure à celle de nos concurrents internationaux, par exemple en Amérique du Nord et en Suisse. Par ailleurs, cette augmentation de bénéfice n'a pas entraîné la création d'emplois supplémentaires dans les pays de l'Union Européenne, et le cycle conjoncturel positif dont l'affaiblissement est prévu dès 1997 ne sera sans doute pas assez long pour créer des emplois supplémentaires dans nos secteurs industriels en Europe. il faut au contraire s'attendre à une poursuite partielle de la réduction des emplois même de façon atténuée Si on observe l'évolution globale dans ce contexte, on s'aperçoit qu'en Asie de l'Est et en Amérique du Nord, - et parfois également en Amérique du Sud après une longue période de récession -, de nouveaux postes sont créés entre autres par des entreprises européennes. Cela signifie que les activités industrielles continuent de se délocaliser hors d'Europe, les marchés de nos secteurs y connaissant une croissance beaucoup plus rapide que dans les pays de l'Union Européenne. Ceci vaut en particulier pour les marchés de l'Est Asiatique. Cette évolution n'est pas seulement due aux coûts élevés, par exemple dans les domaines du personnel, de l'énergie et des réglementations de protection de l'environnement, bien qu'ils constituent à eux seuls un handicap considérable pour les entreprises européennes, mais aussi et surtout aux raisons suivantes : 1. une opinion publique très critique envers le progrès scientifique et technique, voyant dans la chimie des dangers et des risques plutôt que des chances à saisir pour l'avenir. 2. d'où une législation restrictive dans l'ensemble de l'Europe, qui n'est en outre pas suffisamment harmonisée au sein de l'Union Européenne; ceci vaut pour toutes les questions de sécurité de protection de l'environnement, et autres... , ainsi que tout particulièrement pour les secteurs chimiques qui devraient pourtant être plutôt favorisés pour des raisons de sécurité et de protection de l'environnement, tels que le secteur pharmaceutique et ses méthodes de fabrication modernes à base du Génie génétique (puisque celles-ci offrent des avantages écologiques ou énergétiques). 3. la réduction de la bureaucratie et des réglementations gouvernementales n'a pas suivi le rythme de la restructuration industrielle et de la flexibilité nécessaire de toutes les institutions gouvernementales allant dans le sens de la croissance industrielle. 4. la coopération dans les entreprises exerçant des activités en Europe s'améliore sans cesse, tandis que l'alignement des conditions-cadre concernant les réglementations gouvernementales et leur harmonisation au niveau de l'Union européenne ne sont pas suffisamment adaptées aux nécessités d'une croissance européenne, A cela viennent s'ajouter des différences fondamentales de politique économique des pays de l'Union européenne, même si l'harmonisation fait des progrès dans ce domaine. Tout ceci pose de gros problèmes, mais constitue également un grand défi pour les cadres de nos industries, qui contribuent à créer au sein de l'Europe une évolution plus positive correspondant aux exigences globales de la concurrence extra-européenne, et donc à promouvoir la croissance. Nous sommes tous d'accord en Europe pour dire que la situation actuelle ne peut pas et ne doit pas durer, que ce soit sur le marché du travail ou dans les domaines de la recherche et des brevets, ou encore d'une manière générale en ce qui concerne l'exploitation du potentiel intellectuel de nos pays. Pour s'attaquer résolument à ces problèmes, il faut établir un consensus politique qui doit être beaucoup plus fortement encouragé dans les différents pays de l'Union européenne, et dans l'ensemble de l'Union européenne, et ceci non seulement par la restructuration et la flexibilité des entreprises chimiques, mais par la prise en compte de leur environnement social et gouvernemental. Cette tâche incombe aux services de communication, de relations publiques et de presse, ainsi qu'aux hommes politiques, et pas seulement aux économistes et aux Fédérations des cadres telles que la FECCIA. |